Je viens d’aller voir…

Guillaume et les garçons, à table !, de et avec Guillaume Gallienne

Une envie subite de me retrouver dans le noir et plongée dans une histoire qui ne serait pas la mienne, associée à un plaisir coupable en plein après-midi de travail, cocktail des champions pour savourer un film plébiscité par beaucoup de monde, critiques comme spectateurs. C’est ce qui a décidé le titre du film qui répondrait à mon besoin d’évasion du jour. Et franchement, je ne suis pas déçue. Inclassable pour moi, ce long métrage est truffé d’émotions que l’on sent vraies et sans chichi. J’ai aimé me questionner sur la véracité des faits, sans trop creuser non plus, afin de garder cette petite magie que confèrent les images sur grand écran.

En bref : C’est l’histoire d’un mec… Non mais vraiment ! C’est l’histoire d’un MEC, que l’on veut formater, qu’ELLE veut formater. Une histoire d’amour filiale, familiale même, fabuleuse, racontée avec beaucoup d’humour et qui nous fait réfléchir, forcément. La profonde analyse d’un jeune homme que l’on étiquète très rapidement et qui se bat comme un beau diable pour sortir de la case dans laquelle on a essayé de le faire rentrer avec conviction.

Le plus : Avant tout, l’image. C’est filmé avec beaucoup de classe, d’originalité et de modernité. Les lumières, les jeux d’acteurs, les choix de plans, tout est réuni pour un film qui est esthétiquement réussi, à mes yeux. Ensuite, l’humour étroitement mêlé à la sincérité de l’auteur. C’est une histoire loin des clichés qu’on nous livre ici, avec en même temps de sérieuses références à ces lieux communs que l’on nous sert régulièrement. J’ai ri, beaucoup ri, j’ai eu la larme à l’oeil, aussi et je suis épatée qu’un film puisse être aussi juste dans les sentiments et la retenue. Juste ce qu’il faut. Guillaume Gallienne nous propose un film divertissant mais profond, un peu voyeur mais philosophique. Oui, tout ça à la fois. Il joue le rôle de sa mère avec amour et respect, et j’ai pris plaisir à imaginer les traits, le comportement, de cette personne. Courez le voir.

Le moins : Le malaise, léger, que l’on peut éprouver quand on se demande si vraiment, tout ceci est autobiographique, car si c’est le cas… pauvre garçon. Je me suis également mise à la place de la matriarche et forcément, ça dérange. Mais c’est aussi un formidable témoignage d’amour, que de réussir à mettre en mots, puis en images, cette relation loin d’être évidente à (di)gérer.

Impromptu de la semaine : Ca a débuté comme ça

Ça a débuté comme ça. Moi j’avais jamais rien dit. Rien. Mais ça m’est tombé dessus, d’un coup. Pourtant, pas un mot plus haut que l’autre, jamais. Mais ça a débuté comme ça. Des regards perdus, des soupirs légers, des sourires qu’on oublie et l’enthousiasme qui se meurt. Alors on pense qu’on le perd, on le voit partir, mais on ne sait pas trop où. Alors on essaie de savoir, on questionne, on bouscule un peu, on titille, souvent. Moi j’avais jamais rien dit. Rien. J’essayais juste de comprendre, de saisir ce qui se jouait, là, sous mes yeux, invisible cruauté. Je tentais, à maintes reprises, de reprendre la main, de conserver ce petit bout de tissu tiède, qui endort si facilement le soir, quand on a besoin de réconfort. Je croyais à des lendemains chantants, ensoleillés, où tout le monde retrouverait sa place, juste comme avant. Ça a débuté comme ça. Un détachement sourd et sournois, une affection que l’on vit et que l’on vide de toute substance, petit à petit, une alchimie qui se perd dans la réalité et perdure dans les souvenirs, insaisissable cruauté. Mais moi, j’avais jamais rien dit, rien ! Je ne demandais qu’à donner, offrir, toujours, toujours plus, toujours plus fort. Je voulais partager cet océan d’amour doucereux niché à l’intérieur de moi, cet océan peut-être un peu écoeurant, à force, mais toujours sincère. Mais on n’en a plus voulu. On l’a regardé sans dédain, juste avec de l’indifférence. Le niveau de l’eau est alors monté. Et le ressac, de plus en plus pressant, m’a rendue malade. J’ai creusé, creusé loin, pour écoper cette amère eau salée, pour éviter de me noyer dans ces sentiments qui finissaient par stagner, là, tout au fond. Ça a débuté comme ça. J’ai fini par me perdre dans le bleu de son âme et goûter le fer du sang de son coeur. J’ai fini par vomir cet amour, ces douleurs, ce trop-plein de lui. Ça a débuté comme ça. Moi j’avais jamais rien dit. Rien.

Pour prendre connaissance du thème de la semaine, c’est par là.

Pour savoir ce qu’est un impromptu, c’est par ici.

Un nouvel espace, ça vous dit ?

Après un piratage en bonne et due forme de l’adresse mail associée à ce blog (et réceptacle de bon nombre de conversations, échanges et relations vraiment agréables), je reprends le chemin de l’écriture et rouvre mon espace d’expression, sur ces petits riens qui remplissent ma vie… Vous êtes prêts pour un retour vers le futur ? Enfin, la question serait plutôt : une âme erre-t-elle encore par ici, par hasard ? Un petit commentaire pour me le faire savoir  ;)

Petite pépite du net !

Un pur moment de bonheur, dont je ne me lasse pas… ce ne sont pas des acteurs, au cas où vous en doutiez  ;)  enjoy !

Je viens de finir…

Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, de Terry Pratchett

Mon petit mari étant un grand adepte de l’auteur, autant dire que j’ai un choix démentiel quant à la sélection d’un récit né de sa plume. Certains sont en V.O. et donc ne verront pas l’ombre d’un de mes cils penchés sur leurs pages, mais la plupart en français sont pour le moins attirants. En passant devant la bibliothèque, le chat m’a fait de l’oeil… et ce fut bon.

En bref : La pollution de la planète est le cadet des soucis des mages de l’époque. Alors c’est avec désinvolture qu’ils jettent leurs déchets magiques de l’autre côté de la clôture de leurs bâtiments. Que se passe-t-il lorsque des rats nichent sur ce tas d’ordures ensorcelées ? Et que se passe-t-il quand ces mêmes rats sont la cible d’un chat rusé ? Ajoutez à cela une histoire de joueur de flûte montée en copieuse escroquerie, qui finit par se muer en mystère plutôt noir, et vous aurez votre trame presque complète !

Le plus : C’est un petit moment de bonheur, ce livre. Très fluide, son style se dévore à grand renfort de mots d’humour et d’images parlantes (ouf ouf ouf, le super jeu de mot). On se prend d’affection pour Maurice, mais également pour certains rongeurs qui offrent un panel de caractères si varié qu’on a bien du mal à ne pas réagir aux rebondissements de l’histoire. Quant au mystère, il est entretenu à souhait, savamment distillé au compte-gouttes. Je n’ai qu’une envie, me précipiter sur d’autres ouvrages de Pratchett.

Le moins : Allez, puisqu’il faut bien trouver quelque chose, je dirais que l’épilogue est encore facile, et que le duel qui s’annonce vers la fin du livre est quelque peu expédié. Mais je ne vous en dévoilerais pas plus ! Bonne lecture !

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